Aujourd’hui, la scène mondiale rend hommage à Paul Bocuse, l’empereur et le pape de la gastronomie francaise à travers le monde. Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l’œuvre de ce mentor qui a donné à la scène culinaire francaise ses plus belles lettres de noblesse. A notre manière, nous avons décidé de lui rendre nos hommages en mettant en valeur ces petites phrases qui le caractérisaient tant et qui dans des domaines divers et variés nous montrent le fond de sa personnalité ; un personnage épicurien  et simple plein d’humour qui aimait son métier plus que tout autre.

Paul Bocuse et la cuisine: sa vie

La cuisine selon Paul Bocuse, si elle se devait de rester simple, était synonyme de travail et d’abnégation. Nous avons retrouvé quelques phrases de ce dernier à cet égard:

– « Je tiens à rester classique, cette cuisine a des amateurs (…) si un jour le restaurant est vide, je me poserai des questions, mais ce n’est pas le cas ». 

Cette phrase reflète bien sa vision de la cuisine. Sa cuisine était simple et même à l’époque des modes de la fusion et de la cuisine moléculaire, il a continué à avoir son succès en restant fidèle à sa ligne de conduite.

– « Bien faire un travail ne prend pas plus de temps que de le faire mal ».

Le travail qu’il soit mal fait ou bien fait prend autant de temps, alors pourquoi le faire mal en quelque sorte?

– « Vous avez fait de piètres études? », lui demande un animateur. « Oui mais j’ai mes deux bacs: le bac d’eau froide et le bac d’eau chaude », répond-il.

Paul Bocuse savait toujours jouer d’humour lorsqu’on lui demandait de parler des études qu’il avait réalisées. Formé à une époque où le système scolaire s’arrêtait très tôt pour la plupart des gens, Paul Bocuse n’avait pas de formation, ni encore moins le bac.

– « La véritable cuisine sera toujours celle du terroir. En France le beurre, la crème et le vin en constitueront toujours les bases ».

Reflet, de sa vision simple de la cuisine, la cuisine de Bocuse s’attache au terroir. Après avoir suivi les tendances liées à la mondialisation, on constate d’ailleurs que la cuisine actuelle tend à revenir à ces principes simples d’une cuisine locale et de saison. Bocuse était donc avant-gardiste sans le savoir.

– « Pour moi, la bonne cuisine, c’est quand on soulève le couvercle, que ça fume, que ça sent bon et qu’on peut se resservir ».

Là encore Bocuse nous rappelle que c’est bon quand ca donne envie de manger. Le visuel est aucunement l’élément déterminant.

– « Président, il faut casser la croûte » (alors qu’il sert au président Valéry Giscard d’Estaing sa fameuse soupe de truffes sous une coque feuilletée) 

Même quand il sert le président de la République, Bocuse nous rappelle que manger est avant tout un besoin vital, quel que soient les produits utilisés et les personnes servies.

– « La cuisine c’est la paix dans le monde ». 

Manger est une qualité inhérente à l’être humain et peut amener des êtres de cultures et de religions différentes à la même table. En cette période de doutes et d’inquiétudes, cette citation ferait sans doute un excellent sujet à l’épreuve du bac de philo.

Pau Bocuse l’épicurien

Paul Bocuse aimait la vie et les petites choses qui en jonchent le quotidien.

– « La vie est une farce, je l’ai compris à 19 ans, pendant la guerre. Lorsque mes copains tombent à côté de moi, je me demande : pourquoi pas moi ? La chance, la santé, le travail et une dérision profonde deviennent mes maîtres mots ». 

C’est peut-être son expérience de la guerre qui lui donna sa philosophie de choses. En effet, il perdit nombreux de ses amis durant la Seconde Guerre Mondiale alors qu’il se trouvait sur le champ de bataille.

– « La vie peut s’arrêter à chaque seconde. Alors il faut travailler comme si on allait mourir à 100 ans et vivre comme si on devait mourir demain ».

Le travail permet de d’assurer sa situation pour le lendemain mais il faut bien vivre et profiter de l’instant présent.

– « J’adore les femmes et nous vivons trop longtemps de nos jours pour passer une vie entière avec une seule ». 

Paul Bocuse avait trois femmes et n’avait aucune espèce de problème à reconnaître sa polygamie. Amateur de bonne chère et de bonne chair, il savait probablement leur rendre leurs plus beaux hommages. Bien sûr, ce sujet tabou lui a valu de nombreuses critiques, notamment en provenance de la scène féministe.

– « De ma vie je ne regrette rien, sauf peut-être la peine que j’ai pu faire aux femmes de ma vie. J’espère qu’elles me pardonneront ».

Il reconnaît toutefois que le fait d’avoir eu plusieurs femmes ait pu leur créer du chagrin. En parcourant ses citations, on ne trouve que très rarement l’expression d’un regret quelconque quand il revient sur sa vie, sauf peut-être celui-ci.

– « Aujourd’hui, être seul et le soir, observer les canards avec mes chiens, puis dormir dans la chambre même qui m’a vu naître suffit à mon bonheur ». 

Au crépuscule de sa vie, Bocuse n’avait pas besoin de beaucoup de choses pour être heureux. Même s’il avait connu la gloire aux 4 coins du monde, se retrouver seul dans sa chambre au fin fond de la campagne qu’il avait vu naître ne lui posait pas le moindre problème, pourvu qu’il sente la présence des canards et la compagnie de ses chiens.

Un être simple du début jusqu’à la fin et une philosophie de la vie dont on a tous beaucoup à apprendre. Merci à vous Monsieur Paul !