Depuis plusieurs semaines déjà la scène gastronomique française brûlait d’impatience pour découvrir le palmarès du Michelin 2018. C’est aujourd’hui 5 février qu’a eu lieu en grande pompe la cérémonie qui attribuait les nouvelles étoiles et les restaurants déchus. C’est un show quasiment à l’américaine qui n’était pas sans rappeler la cérémonie des prestigieux Oscars qui a été cette année mis en place. Le 1er ministre français Edouard Philippe et quelques 200 chefs avaient été invités pour les festivités organisées dans la salle de spectacles de la Seine Billancourt et orchestrée par la présentatrice de télé Faustine Bollaert. Le contexte de la disparition de Bocuse, encore très frais dans les mémoires a joué un rôle important et ce dernier a été vivement salué par Claire Dorland-Clauzel, membre du comité exécutif du guide Michelin comme le « père de la gastronomie française moderne » et comme celui qui a mis « le produit et le terroir au centre de la cuisine ».

Les restaurants 3 étoiles du palmarès Michelin

Au même titre que pour l’attribution des Oscars, un certain nombre de rumeurs s’installent durant les semaines qui précédent les révélations du palmarès. Ainsi, certains chefs étaient déjà sous les feux de la rampe avant même la cérémonie et les spécialistes attribuaient déjà à certains la 3ème et tant prestigieuse étoile. Les chefs Christopher Coutanceau (La Rochelle) , Jean Sulpice (Paris) ou Alexandre Couillon (Noirmoutier) qui étaient régulièrement cités repartiront donc certainement décus même si les 2 étoiles restent une récompense prestigieuse, qu’il faut à tout prix garder. En 2017, 27 restaurants francais (Monaco inclus) avaient obtenu les 3 étoiles. 2 nouveaux venus viennent garnir ce bouquet : Marc Veyrat et Christophe Bacquié. Aucun restaurant n’a perdu une de ses 3 étoiles mais rappelons ici que Sébastien Bras avait dès novembre décidé de se retirer volontairement du guide. Les inspecteurs du guide Michelin, anonymes, peuvent intervenir à tout moment et inspecter les restaurants jusqu’à une quinzaine de fois dans l’année ce qui a cette année remis cette question de la pression permanente au cœur du propos et poussé Sébastien Bras à rendre ses 3 étoiles.

2 nouveaux 3 étoiles au palmarès Michelin

Christophe Bacquié, très ému a convié sa femme à venir sur la scène au moment où il a recu l’annonce de l’obtention des 3 étoiles pour son restaurant du Castellet. « C’est le rêve d’une vie qui se réalise » confesse-t-il. Une phrase qui reflète assez bien l’attitude des grands chefs face au prestige des 3 étoiles. En manque d’inspiration, il reconnait alors être plus à l’aise devant les fourneaux que devant les caméras et remercie sa femme pour le travail de l’ombre qu’elle réalise à ses côtés. Marc Veyrat n’est pas un jeune premier puisqu’il disposait déjà de 2 adresses à 3 étoiles mais son restaurant de Haute-Savoie vient donc allonger la liste des prestigieuses adresses qui selon le descriptif du guide « méritent le voyage ». 28 tables disposent donc désormais de la récompense suprême.

Les autres nouveaux venus du palmarès Michelin

Parmi la centaine de restaurants à 2 étoiles, 4 nouveaux pensionnaires ont recu des accessits confirmant la qualité et la régularité de leur travail. Notons ainsi l’Auberge du Père Bise pour laquelle on pressentait même la possibilité de recevoir les 3 étoiles mais encore Flaveur des chefs Gael et Mickael Tourteaux à Nice. Enfin, 50 nouveaux restaurants se sont vu attribuer une 1ére étoile et donc une entrée dans la Cour des Grands.

Notons que parmi les chefs nouvellement primés, une grande place est faite à la cuisine étrangère. La cuisine japonaise occupe d’ailleurs dans ce palmarès une place de choix. Masafumi Hamano à Saint-Amour et Takao Takano à Lyon ont recu leur 2ème étoile. Takashi Kinoshita, en Côte-d’Or, et Ryunosuke Naito (Pertinence) et Takayuki Nameura (Montée) à Paris décrochent quand à eux une première étoile. D’autres chefs étrangers comme le Libanais Alan Geaam, le Danois Andreas Moller (Copenhague), le Grec Andréas Mavrommatis ou le Canadien Noam Gedalof (Comice) arboreront eux aussi l’étoile l’année prochaine et nous montrent que le guide rouge Michelin reste toujours réceptif à l’ouverture internationale de la scène culinaire francaise.

Enfin, saluons les plus jeunes promus Antoine Lumet (La Tranche-sur-Mer) et Guillaume Mombroise (Toulouse) qui à 27 ans décrochent leur première étoile et posent les jalons d’une bien belle carrière.

Au total, l’édition 2018 présente 621 restaurants étoilés (5 de plus que l’édition précédente). Le guide sortira en librairie ce vendredi.