A Paris, plus qu’ailleurs, il faut savoir faire preuve d’innovation et d’originalité pour trouver une niche particulière et faire d’une adresse un nouveau resto tendance. Selon les statistiques de l’INSEE, on compterait environ 18.000 restaurants dans Paris et sa région. Comment sortir du lot et se faire un nom parmi cette foison d’adresses?

Comme nous l’avons déjà vu à travers notre blog, les restaurateurs ne sont pas à court d’idées quand il s’agit de définir un projet qui soit à la fois dans l’air du temps et qui en même temps apporte sa dose de nouveauté conceptuelle. Dans ce marasme d’idées, un genre s’est peu à peu établi autour du terme fourre-tout de néo-bistrot. Voyons aujourd’hui ce qui se cache derrière ce terme.

 

LE BISTROT : UN LIEU DE CONVIVIALITE ET DE SIMPLICITE

 

Le terme de bistrot n’est pas synonyme de grande gastronomie. Si ces origines étymologiques sont assez obscures, une des théories les plus communément avancées seraient celles d’une origine venant du russe ou « bistro » signifie « vite ». Des cosaques russes stationnés à Paris après la débâcle napoléonienne, auraient lancé ce mot aux cafetiers, et c’est à partir de là que ce serait répandu le concept.

Un lieu où l’on est servi vite donc: un concept qui dans tous les cas a fait la renommée des cafés parisiens et un terme qui a fait le tour du monde. Dans la plupart des langues on distingue souvent le bistrot du restaurant. A titre d’exemple, en allemand on parle de « Kneipe » et en tchèque de « Hospoda ».

La différence principale résiderait donc le fait que le bistrot réponde plus à des fins alimentaires qu’à des fins gastronomiques. Par essence, toute la population y a accès et c’est un lieu de convivialité où on se retrouve pour manger un morceau et rencontrer des amis. Le néo-bistrot s’ancrerait donc dans cette tradition d’espace de convivialité et de simplicité.

 

LE BISTROT A-T-IL BESOIN D’ETRE REDEFINI?

 

Force est de constater que le concept du bistrot a vécu et qu’il vit bel et bien encore aujourd’hui. Ce concept pourtant archaique a encore ses défenseurs et s’exporte encore assez bien à l’étranger. En revanche, l’augmentation du coût de la vie a tendu à rendre la différence entre le bistrot et le restaurant plus minime et à en observer les tarifs des menus ou des plats, les différences seraient de de moins en moins marquées.

 

 

BISTROT OU NEO-BISTROT : KEZAKO?

 

Quelles est donc la différence fondamentale entre un bistrot et un néo-bistrot. Nous avons parcouru les différentes gazettes afin de recouper les différents éléments conceptuels. Au final, le néo-bistrot emmène les caractéristiques humaines et l’ambiance du bistrot dans un nouveau contexte spacio-culinaire. Plusieurs éléments sont à mettre en évidence.

 

  • La déco

La déco du néo-bistrot est moderne mais très variable d’une adresse à l’autre. On utilise volontiers du mobilier brut empreint des tendances industrielles. La déco est très recherchée mais s’éloigne le plus souvent des couleurs trop marquées et des belles nappes. Il en respire une atmosphère jeune qui se veut en rupture par rapport à l’image figée dans le temps du bistrot traditionnel, cadre autant interchangeable d’une rue à l’autre, que d’une ville à l’autre.

 

  • La cuisine

Paradoxalement, la cuisine joue un rôle important. Dans le néo-bistrot, ce sont souvent de jeunes chefs talentueux qui exercent le métier, concoctant des créations de type snack mais souvent raffinées. Le cadre du néo-bistrot leur permet d’exercer leur art, sans avoir les contraintes de la haute-gastronomie. Ici, on se veut porteur d’une image qualité décontractée, en affichant d’excellents rapports qualité-prix.

 

  • Les boissons

L’accent est également mis sur les boissons. Toutefois, attention. Si vous voulez seulement boire un verre, allez dans un bar. Au néo-bistrot, on vient pour manger et certaines adresses parisiennes prisées nécessitent des réservations pour y trouver de la place et y passer la soirée.

La plupart des néo-bistrots ont une carte des vins triée sur le volet; là aussi dans une dynamique d’un excellent rapport qualité-prix.  On met volontairement l’accent sur l’origine des vins et on privilégie le « petit » vigneron au grand nom. Dans certaines adresses, les créations de type cocktail ou un choix important de bières se font également une belle place sur la carte.

 

 

QUELQUES EXEMPLES DE NEOBISTROTS

 

Les adresses se recoupant sous le terme finalement très général de néo-bistrot se comptent à foison et l’esprit va varier énormément d’un concept à l’autre. Nous avons donc décidé de retenir notre attention sur 2 adresses en particulier qui nous semblent résumer au mieux les éléments présentés préalablement.

 

  • Le Septime

L’adresse de Bertrand Grébaud est depuis 2013 régulièrement classée parmi les 50 meilleurs restaurants au monde et détient d’autre part une étoile au guide Michelin depuis 2014. Pourtant, vous pourrez sans problème y manger pour moins de 50€ par tête. En effet, ce dernier vous propose au déjeuner un menu 4 plats pour 42€ (le soir 7 plats pour 80€). Ne cherchez pas la description des créations sur leur site internet. Ce dernier est extrêmement minimaliste.

Pour mesurer la qualité des plats, essayez de réserver et rendez-vous sur place : des mélanges inattendus d’ingrédients et des créations toutes plus sublimes les unes que les autres seront là pour vous surprendre. Si vous voulez vous laisser recommander les vins pour accompagner les plats, vous dépenserez 38€ en plus le midi et 55€ le soir; pas de mauvaise surprise donc quand vous recevrez l’addition.

 

  • Restaurant Frenchie

Une autre rockstar du moment sur la scène des néobistrots est Grégory Marchand et son restaurant Frenchie, qui à la différence de Septime n’a pas (encore) la faveur des étoiles. Là aussi peu de fioriture en ce qui concerne la carte. C’est réduit à la portion congrue et vous découvrirez sur place ce qu’il y a à manger en fonction des saisons et de l’inspiration du chef.

Là encore, on privilégie un menu très simple et sans réel choix à une variété démesurée de plats à la carte. Toutefois, si vous devez « vite » vous ravitailler, dans la tradition originelle du bistrot, vous trouverez chez Frenchie également des sandwiches à emporter. Vous ne pourrez alors résister au sandwich au homard bleu, pour la modique somme de 28€.