C’est un long chemin semé d’embûches qui a amené il y a 20 ans Aimal Zariffi, alors âgé de 15 ans et analphabète, d’Afghanistan en Allemagne. A cette époque, il est loin de s’imaginer qu’il sera un jour chef de cuisine.

On lui demande souvent ce qu’il a le plus apprécié en Allemagne : « La possibilité d’apprendre et la chance d’acquérir de nouvelles connaissances, de s’intégrer et de connaître le succès par le travail et la volonté. »

Son parcours pour atteindre le poste de chef de cuisine

Son parcours en tant qu’analphabète afghan en Allemagne est parti de zéro. Hébergé dans un foyer pour jeunes à Hambourg, il a appris l’allemand et a pu intégrer l’école. Ce qui parait facile et naturel était loin de l’être pour lui. En effet, l’accès à l’école ne lui était pas possible en Afghanistan.

Après avoir terminé l‘école, Aimal Zariffi a commencé à travailler comme plongeur dans un restaurant à Hambourg. Il a ensuite obtenu un poste d’aide en cuisine dans le restaurant Wulfsmühle à Tangstedt. Dans le restaurant « Alter reporter » de Glashütte il a commencé comme apprenti cuisinier puis terminé sa formation.

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Plusieurs postes et expériences à travers l’Allemagne ont ensuite suivi, jusqu’à l’obtention du poste de chef de cuisine dans l’hôtel Dreiklang de Kaltenkirchen. C’est ensuite intentionnellement qu’il a pris un poste de sous-chef dans le restaurant « Auf Gut Kaden » sous la direction de Johann Alt comme chef de cuisine. La raison pour cette décision volontaire était le souhait de pouvoir consacrer plus de temps à sa famille. Il a aujourd’hui 3 filles.

Aujourd’hui encore, il aide d’autres réfugiés en tant que traducteur et conseiller. Il les encourage à utiliser les chances existantes et montre par son exemple comment on peut réussir dans la vie et faire quelque chose pour la société. La langue, l’assiduité et la volonté restent comme il y a 20 ans les fondements d’une intégration couronnée de succès.

Etat d’esprit et philosophie de la vie d’un chef de cuisine

Son conseil pour les réfugiés qui souhaiteraient suivre un parcours de cuisinier similaire au sien : « Tout est nouveau. La maîtrise de la langue, beaucoup de patience, toujours plus de travail et la capacité de s’intégrer comme cuisinier dans une équipe sont extrêmement importants ; et bien sûr : ne jamais abandonner, sinon tu restes où tu es et tu n’avances pas. » En somme, la recette parfaite pour une carrière de cuisinier réussie et pas seulement pour des réfugiés.

Si Aimal Zariffi devait ouvrir un restaurant en Afghanistan aujourd’hui, ce serait un mélange de cuisine allemande, francaise et italienne. Ou bien un restaurant bar à soupes, ce qui semble banal pour un cuisinier, mais qui représente un concept qui n’existe pas encore là-bas.

Aimal Zariffi aimerait aussi travailler un jour comme cuisinier à Dubai. Et où Aimal Zariffi s’imagine-t-il dans 10 ans? « Si je trouve un local pas trop cher, je me vois bien à mon compte. Sinon, comme cuisinier dans l’équipe d’une cuisine étoilée.“

Dans quelles directions et spécialités Aimal Zariffi s’est il orienté durant toutes les années de son parcours ? « Je suis un saucier passionné et j’aime beaucoup confire et rôtir, le porc par exemple, même si je ne le mange pas moi-même. Ca aussi, c’est un bel exemple de tolérance vécue au quotidien.

Une autre caractéristique importante de son approche des choses prend racine dans le magasin qui appartenait à son père. Il y avait peu d’ingrédients et il fallait agir avec parcimonie. L’improvisation et le fait de ne jamais laisser des restes inutilisés ou de les jeter était un crédo quotidien. Cette idée est restée dans son esprit et l’influence encore aujourd’hui. Une tendance qui n’a d’ailleurs jamais été aussi actuelle et hype qu’aujourd’hui. Pensons par exemple à Douglas McMaster et à son premier restaurant « zero waste », c’est-à-dire déchets zéro, en Angleterre.

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