Les Etats-Unis possèdent aujourd’hui encore l’image d’un Eldorado, où chacun peut réussir sa vie à travers le rêve américain. Dans le milieu de la cuisine, nombreux sont les chefs européens qui tentent leur chance au Nouveau-Monde et en particulier à New-York, en Floride et en Californie. Pourtant, le Vieux Continent exerce lui aussi une attirance forte pour les américains. C’est souvent la recherche d’un passé et d’une histoire qui semble leur faire défaut qui les amènent vers les chemins de l’Europe. Certaines villes plus que d’autres attirent les américains en quête d’authentique et bien sûr Paris compte parmi les premières. Aujourd’hui, nous nous arrêtons sur le parcours de Daniel Rose, un américain à Paris, pour citer la fameuse œuvre de Gerschwin, qui a trouvé la gloire et son accomplissement professionnel en partant en quête du vieux continent.

Daniel Rose – un parcours qui n’était pas tracé

C’est dans le cadre de ses études en histoire de l’art que Daniel est venu découvrir la France et Paris en 1998. Ce qui devait être un échange universitaire de quelques mois allait se transformer en séjour au long cours. En effet, tombé amoureux de l’esprit et de la cuisine à la française, Daniel décide alors de changer radicalement d’orientation professionnelle afin de devenir cuisinier. Il acquiert une partie de sa formation parmi les plus grandes adresses de l’hexagone, chez Bocuse et Alléno, avant d’entreprendre un tour de France des régions qui lui permet de se faire une idée précise de la diversité des terroirs et des approches de la cuisine française sous tous ses angles. Il travaille aussi à travers le monde afin de gagner en expérience et pour découvrir de nouveaux univers gastronomiques. Après ce tour d’horizon, il décide de poser ses valises à Paris pour se lancer dans son premier projet professionnel à son compte.

De projet en projet – la réussite de Daniel Rose à Paris

De nombreux chefs reconnaissent que pour réussir dans le métier, il faut savoir commencer petit. C’est effectivement cette stratégie que Daniel Rose s’emploie à mettre en place. En 2006, Il ouvre un petit troquet de 16 couverts dans le IXème arrondissement et c’est dans ce cadre que son talent apparaît aux yeux du grand public. Au « Table 28 – Spring », il n’a pas besoin de beaucoup de personnel et effectue le spectacle quasiment à lui tout seul. Fort de la solide réputation qu’il s’est construite, il déménage pour un local plus grand 4 ans plus tard et prend position en plein centre de Paris dans le quartier des Halles, rue Bailleul. Le succès du « Spring », restaurant gastronomique, ne se dément pas et Daniel ouvre même un épicerie/cave à vins de l’autre côté de la rue, complétant ainsi son offre. Du reste, sa réussite lui permet en 2015 de reprendre un  bistrot situé dans le même quartier « La bourse ou la vie ». Il couvre ainsi grâce à ces différents adresses, les différents profils des restaurants parisiens ; qu’il s’agisse d’un bistrot ou d’un restaurant gastronomique, l’esprit s’inscrit dans une longue tradition qui a fait la réputation de la gastronomie francaise.

Investissements et changement de dimension pour Daniel Rose

Le succès de cet américain à Paris commence à résonner outre Atlantique et 2016 marque le cap d’un changement de dimension du parcours professionnel de Daniel Rose. Associé à l’investisseur Stephen Starr, qui dispose d’une franchise basée à Philadelphie il reprend une adresse culte de la scène parisienne « Chez la vieille ». Cette adresse bien connue des milieux artistiques des années 60 à 80 couronne le travail acharné de cet américain qui aura cherché son Eldorado sur le vieux continent. Il prend du reste pour la première fois ses marques aux Etats-Unis en ouvrant avec son associé « Le Coucou » à New York.

Daniel Rose – une cuisine très francaise par un américain devenu plus francais qu’américain

Lorsqu’on parcourt les menus des différents restaurants et bistrots de Daniel, on constate qu’à l’âge de la fusion et la cuisine moderne, une grande place reste à la tradition. Selon ses dires, Daniel Rose est maintenant plus francais qu’américain. Il semble qu’il ait réussi plus que quiconque à s’approprier les grands classiques de la cuisine francaise tels que la blanquette de veau ou le coq au vin. Chez la vieille, vous pourrez manger un bœuf bourguignon et une crème caramel, comme par le passé. Pour réaliser ces recettes traditionnelles il n’a d’ailleurs pas hésité à reprendre les livres de cuisine que cette dernière utilisait. Il fait donc revivre d’une certaine manière un Paris d’Antan, tout en ayant toutefois redéfini le design intérieur de l’établissement. Ce n’est certainement pas les étoiles au Michelin que Daniel souhaite obtenir en travaillant sur un tel projet, mais sa réussite nous rappelle qu’on peut aussi réussir dans ce métier, sans avoir nécessairement de telles ambitions.