Les spécialités culinaires font bien souvent la particularité d’un terroir et s’inscrivent dans le patrimoine historique et gastronomique d’une région. Il n’est d’ailleurs pas rare que certaines villes s’identifient à leur spécialité. Qui connait Cambrai pour autre chose que pour ses bêtises. On associe tous Caen à ses tripes et Castelnaudary à son cassoulet. Mais qui connait la spécialité culinaire de Toulon ? La ville est semble-t-il plus connue pour son port militaire et sa présence sur la côte méditerranéenne que pour son patrimoine gastronomique.

Cela veut-il dire pour autant qu’on ne mange pas bien à Toulon? Détrompons-nous. On y trouve la même culture culinaire méditerranéenne que dans les villes voisines, sans toutefois la spécialité qui fasse le renom de la ville comme la bouillabaisse marseillaise ou la pissaladière niçoise. Qu’à cela ne tienne ! La maison de Provence a pour y remédier décidé d’organiser un concours culinaire dont le but était de couronner la spécialité culinaire officielle de la ville de Toulon.

UN CONCOURS CULINAIRE ORIGINAL

Certains en ont été surpris et ont mis en avant le fait qu’une spécialité culinaire locale réside d’un processus historique qui s’ancre dans une tradition et qu’il est vain de vouloir créer de manière superficielle. D’autres ont au contraire trouvé l’initiative originale et même si n’en résultera pas forcément une spécialité culinaire qui entrera dans les livres d’histoire et de gastronomie locale, cela constitue au moins une occasion de se poser des questions sur les produits du terroir et d’en extraire leur quintessence afin d’y créer un mets bien du cru. C’est donc la maison de Provence qui a lancé cet appel au public des cuisiniers locaux durant le mois de septembre. Les lycées hôteliers, centres de formation ou autres syndicats interprofessionnels de la gastronomie ont été sollicités afin de présenter la recette du Saint-Cyprien, patron local de la ville de Toulon et ancien évêque qui fête cette année son 1.500ème  anniversaire.

UN JEUNE LYCEEN VAINQUEUR DU CONCOURS CULINAIRE

Les organisateurs sont restés volontairement très ouverts en ce qui concernait les conditions à remplir pour pouvoir participer à la compétition culinaire. Sucré ou salé, le plat se devait tout de même de représenter d’assez près le paysage gastronomique local. Ainsi, nombreux sont ceux qui se sont prêtés au jeu et c’est un jury d’experts qui le 3 octobre a prononcé sa sentence et désigné le lauréat. L’heureux élu du concours culinaire est un jeune étudiant du lycée du Golf d’Hyères. Kyllian Rosini, a mis au point une tourte salée à base de mulet, de moules et de favouilles. On le voit les produits de la mer y jouent un rôle déterminant et dès la révélation de sa composition, la recette du Saint.Cyprien est tombée dans le domaine public afin que les restaurants toulonnais puissent se l’approprier. Selon, Kyllian, le Saint-Cyprien est une recette très simple à réaliser et qui entrera facilement dans les cahiers de cuisine de grand-mère. L’histoire ne nous dit pas encore si le Saint-Cyprien connaîtra le même succès que la boullabaisse ou que le Saint-Honoré avec lequel il ne faudra pas le confondre. En tout cas, nous saluons par cet article une sympathique initiative qui nous l’espérons en appellera d’autres. Car finalement, quand on fait le tour de France, on se rend compte que de nombreuses villes ne disposent pas de leur propre spécialité culinaire.